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Entretien avec Isabelle Droit

mercredi 17 mai 2006

L’Association des Amis d’Alphonse Daudet a le plaisir de compter un nouveau docteur ès lettres parmi ses membres. Mademoiselle Isabelle Droit vient en effet de soutenir brillamment sa thèse de doctorat en Sorbonne le 6 mai dernier dont la thématique portait sur la "mise en mots" de la mort chez Alphonse Daudet.
La jeune spécialiste de Daudet a accepté de se prêter au jeu de l’interview afin de nous livrer ses impressions.

Chère Isabelle, encore une fois, nous vous adressons toutes nos félicitations. Alphonse Daudet demeure un écrivain très connu mais encore négligé par les universitaires. Comment vous est venu le désir de consacrer votre thèse à cet auteur ?

Isabelle Droit : Comme beaucoup d’enfants, j’ai appris à lire avec « La Chèvre de Monsieur Seguin » et les Lettres de mon moulin. Plus sérieusement, en grandissant, je me suis intéressée à la littérature naturaliste française et à Zola en particulier. Puis, la lecture de Sapho m’a énormément marquée. Après un DEA sur le suicide amoureux chez Daudet, le thème élargi de la mort me paraissait un sujet de thèse particulièrement fécond.

C’est un angle d’approche bien sinistre pour une jeune doctorante !

Isabelle Droit : Mais non ; c’est au contraire un sujet passionnant. Au cours de ma maîtrise (on disait encore cela à l’époque !), j’avais constaté que la figure de la courtisane acquérait son titre d’héroïne grâce à la mort. Mais le problème est que la philosophie de la mort n’est pas adaptable au cas Daudet. Plutôt que d’ériger un système forcément inadéquat, j’ai préféré considérer l’oeuvre en elle-même afin de dresser la typologie personnelle de la mort chez Daudet. Je voulais ainsi battre en brèche l’idée reçue du conteur provençal léger, un peu mièvre et dont l’oeuvre est principalement destinée aux enfants.

Quelles sont les conclusions auxquelles vous êtes parvenue au terme de ces quatre années de dur labeur ?

Isabelle Droit : La mort est omniprésente chez Daudet ; elle irradie son œuvre. Sa représentation est cependant assez sobre et traditionnelle au niveau esthétique. La mort sert aussi la tonalité satirique de Daudet.

En choisissant un sujet aussi vaste, j’imagine que vous voudriez étudier de plus près certains points...

Isabelle Droit : En effet, les projets ne manquent pas. D’abord, je souhaiterais écrire un article sur les illustrations de l’œuvre de Daudet. En outre, plusieurs pistes de recherche sur la mort méritent des attentions particulières. Il faudrait dresser une histoire littéraire de la mort au XIXe siècle et puis aussi tenter de conceptualiser la mort d’un point de vue narratologique et stylistique. Chez Daudet, la mort est souvent liée à la sexualité et à la satire (la mort sociale). Ce sont deux voies de comparaison qui me paraissent intéressantes à creuser.

Que de travail en perspective ! Enfin, pour ceux qui ne connaissent pas bien Daudet, pourriez-vous donner quelques suggestions de lecture en dehors des fameuses Lettres de mon moulin ou du Petit Chose ?

Isabelle Droit : Mon oeuvre fétiche demeure Sapho et je conseille ce roman à toutes les filles en quête de passion amoureuse. Pour les hommes qui ont envie de retrouver leur enfance, je conseillerais de lire Jack en raison des émotions qu’il procure. Enfin, pour les puristes un tant soit peu habitués à la prose daudétienne, je pencherais pour Fromont jeune et Risler aîné car le récit offre une série de tableaux croisés tout à fait révélateurs de la société de l’époque.

Merci à vous et bonne route sur les traces de Daudet.

Propos recueillis par Gabrielle Melison-Hirchwald

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