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Résumé du Colloque Alphonse Daudet 2006

jeudi 18 janvier 2007

Résumé des principales interventions du colloque Alphonse Daudet 2006

Programme :

René Nouailhat, « Les caricatures religieuses d’Alphonse Daudet.
Sur quelques figures ecclésiastiques de quatre Lettres de mon moulin : La Mule du pape, Le Curé de Cucugnan, Les Trois Messes basses et L’Élixir du Révérend Père Gaucher »

Après avoir brièvement présenté les récits choisis pour cette étude et les raisons de ce choix, René Nouailhat en examine le vocabulaire et le ton, ce qui renvoie à la posture d’Alphonse Daudet et aux effets de ces textes, plus subversifs qu’il n’y paraît. Il pose ensuite quelques questions relatives à la présence de ces textes dans l’enseignement de la littérature et sur le rapport de celle-ci à la religion, une religion où, chez Daudet, tout n’est plus que littérature.

Roger Ripoll, « Enfers et paradis de Daudet »

Daudet, incroyant, a exploité très librement les traditions relatives à la vie future. Il en a donné une image plaisamment anthropomorphique dans des récits d’allure folklorique. Une représentation plus dramatique, dans « Les Âmes du paradis », concrétise une conception pessimiste des relations entre les êtres. Dans Jack, l’enfer est métaphore de la condition ouvrière. La diversité de ces réalisations montre que Daudet ne cherche pas à créer une mythologie assurant la cohérence de son univers.

Michel Branthomme, « Le sentiment religieux chez Alphonse Daudet »

Alphonse Daudet a vécu ses premières années dans une ambiance assez marquée par une empreinte religieuse, d’une part par son père, royaliste convaincu et par sa mère, fervente catholique. Assez tôt cependant, il s’est détaché de toute pratique et a pris conscience de la coexistence dans le monde comme en lui-même d’une dualité profonde - plus subtile qu’un simple manichéisme qu’il transmet et même transmue dans son oeuvre comme dans sa vie en opposant sans cesse une bonté fondamentale au sentiment de la présence d’un mal radical et multiforme. En résulte, disséminée dans l’oeuvre une rhétorique qui traduit ce que l’on pourrait nommer l’expression d’un « sentiment religieux », qui échappe à toute classification comme à tout
dogme.

Pierre-Jean Dufief, « La religion de la petite paroisse »

Le mot religion retrouve dans La Petite Paroisse son sens étymologique : créer du lien. Daudet tente de remédier aux maux du monde moderne et à la crise du couple en prônant une morale du pardon et de la pitié ; il prêche une religion sans transcendance, un moderne évangile qui peut devenir l’objet de son indulgente dérision. Le message du roman reste ambigu ; ça n’est pas la religion mais un fantasme de meurtre qui réconcilie finalement le couple déchiré de La Petite Paroisse.

Gabrielle Melison-Hirchwald, « La Médecine comme religion chez Daudet »

Bien qu’il se laïcise, le monde médical demeure empreint de religiosité. Refusant le discours à prétention scientifique du médecin, Daudet renvoie dos à dos les dérives fanatiques de L’Évangéliste et les pratiques dangereuses du charlatanisme. Entre lucidité et nécessité de croire, l’auteur de La Doulou reste profondément attaché à la défense d’un humanisme compréhensif et universel, de plus en plus teinté, au fur et à mesure de la progression de la syphilis, d’un scepticisme douloureux.

Àngels Ribes, « Du pharmacien Homais au pharmacien Bézuquet : leurs croyances scientifiques »

Dans Madame Bovary, Flaubert critique la croyance scientiste du pharmacien Homais. Quelques années plus tard, dans la trilogie Tartarin, Daudet crée le personnage du pharmacien Bézuquet. En comparant tous les deux, on voit qu’à différence de son homologue flaubertien, le bourgeois et pharmacien Bézuquet n’a pas de prétentions à la science.

Isabelle Droit, « Qu’est-ce que bien mourir chez Daudet ? »

Dans l’œuvre d’Alphonse Daudet la croyance en un Dieu bienveillant, en un paradis et un enfer se borne à une image caricaturale empreinte de folklore et de satire. Les prêtres sont des bons vivants ou des brutes insensibles et l’au-delà comme dans Le Curé de Cucugnan par exemple relève du merveilleux c’est-à-dire qu’il est produit par l’imagination humaine et n’a pas d’existence propre. Si Daudet ne croit pas en un au-delà, il est pourtant bien question de croyance dans son œuvre. Mais cette croyance est déplacée d’un plan métaphysique à un plan terrestre, c’est-à-dire ancré dans la vie. Le couple croyance et scepticisme ainsi réorienté s’organise différemment. En effet, la croyance en la vie est chez Daudet fondée sur le scepticisme, c’est-à-dire sur la conscience d’une absurdité générale qui paradoxalement donne du prix à chaque instant vécu. Puisque la mort est une fin sans au-delà la vie n’a aucun sens comme parcours mais vaut instantanément. C’est donc bien autour de la mort que se construit cette nouvelle articulation entre croyance et scepticisme qui est l’objet de notre étude.

Anne-Simone Dufief, « Daudet moraliste »

Voir en Daudet un moraliste, c’est prêter attention aux influences qu’exercent sur lui ses auteurs de prédilection – Montaigne, Pascal – ce qui conduit à prendre en compte non seulement les romans mais aussi d’intéressantes œuvres posthumes : les Notes sur la vie, les Nouvelles notes sur la vie ainsi que La Doulou. Daudet pratique comme eux cette écriture rompue ou brisée qui semble le mieux en adéquation avec une sagesse construite au fil des jours. Observateur sans concession, il revendique cette lucidité pessimiste qui est la marque des moralistes. Daudet, « marchand de bonheur », propose un art de vivre tandis que le malade livre son expérience de la souffrance et de la mort

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