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Autres lieux daudétiens

jeudi 1er mai 2008, par David Melison, Gabrielle Melison-Hirchwald

Alphonse Daudet n’était pas un grand voyageur. Il côtoya néanmoins d’autres lieux que la Provence et la région parisienne : l’Algérie, le Royaume-Uni, la Suisse et quelques villes françaises comme Lyon, Alès ou des villes d’eaux, en vogue dans la seconde moitié du XIXe siècle.

En cours de rédaction.

Algérie

Pour des raisons de santé, Daudet se rendit en Algérie en décembre 1861. Avec son cousin Henri Reynaud, il s’embarqua à Marseille sur le Zouave. Les deux hommes revinrent un peu plus de deux mois plus tard en février 1862.

On peut retracer leur parcours de la façon suivante. Ils séjournèrent à Alger, à Blida, faisant une excursion aux gorges de la Chiffa. Ils rejoignirent ensuite Miliana puis parcoururent la vallée du Chélif jusqu’à Orléansville.

Daudet exploita ses souvenirs d’Algérie surtout dans des contes tels « Les Oranges »,« Les Sauterelles », « À Milianah » ou « Paysages gastronomiques » et bien sûr dans Tartarin de Tarascon. Son cousin Henri Reynaud a servi de modèle au célèbre personnage éponyme.

Allemagne

Daudet eut l’occasion de se rendre deux fois en Allemagne. En 1865, lors de la randonnée pédestre avec Delvau, il découvrit le pays de Bade. Dans Du Pont des Arts au pont de Kehl (1866), son ami a narré ce bref séjour en territoire allemand. L’année suivante, Daudet effectua un voyage à Munich dont les circonstances restent encore mal connues.

C’est la guerre contre la Prusse qui inspira surtout Daudet. Dans les Lettres à un absent, les Contes du lundi et Robert Helmont, les Allemands sont souvent présentés tels des barbares. Après la guerre, la germanisation forcée de l’Alsace est par exemple critiquée dans « La Dernière classe » (Contes du lundi).

Suisse

En 1881, Daudet se rendit en Suisse en compagnie du peintre Giuseppe de Nittis. Ils visitèrent Bâle, Lucerne, Gersau, le Saint-Gothard, Interlaken et Grindelwald. Trois ans plus tard, un second séjour lui fit découvrir notamment Genève, Montreux et Lausanne.

Daudet exploita ses voyages en Suisse dans L’Évangéliste et surtout dans Tartarin sur les Alpes. Jeanne Autheman séjourne quelque temps à Grindelwald au cours de sa jeunesse. Quant à Tartarin, il parcourt la Suisse pour prouver aux Tarasconnais ses talents d’alpiniste. Dans le deuxième tome des aventures de Tartarin, Daudet dénonce l’exploitation touristique des montagnes suisses.

Villes d’eaux

Dans l’Europe entière, les stations thermales ont constitué un lieu de villégiature particulièrement apprécié des curistes et des touristes. C’est à Bath en Angleterre au milieu du XVIIIe siècle que naît véritablement la ville thermale moderne. En France, il faut attendre le Second Empire pour que la station thermale devienne un lieu de repos mais aussi un lieu de sociabilité incontournable. Ayant fréquenté les stations anglaises et rhénanes durant son exil, Napoléon III lance une véritable politique d’urbanisation et de modernisation des villes d’eaux en France.

La santé fragile de Daudet va l’amener à voyager d’abord à l’étranger afin d’y trouver un climat propice à sa guérison. Plus tard, son état se dégradant sérieusement, Daudet multiplie les séjours dans les stations thermales sur le conseil de ses médecins.

En 1879, Daudet effectue sa première cure dans le Dauphiné à Allevard. Il s’agit d’une station spécialisée dans le traitement des voies respiratoires grâce aux efforts du docteur Bernard Niepce. Daudet exploite d’un point de vue romanesque les souvenirs de son séjour, Allevard se transformant en Arvillard dans Numa Roumestan. Le narrateur déplace en effet durant les chapitres 11 et 12 l’espace de l’action dans le Dauphiné.

C’est dans La Doulou que Daudet évoque le plus son existence de curiste. Le séjour peut se révéler agréable quand il note par exemple les bienfaits des bains de boue : cette « sensation délicieuse de cette glu chaude et molle par tout le corps ». En 1882, Daudet est curiste à Néris dans l’Allier durant l’été. Bien que malade, il ne manque pas d’observer son entourage qu’il continue de typifier à la manière d’un chroniqueur des mœurs. Cependant, la plupart du temps, la souffrance domine : « Ma douleur tient l’horizon, emplit tout ». À travers les autres, c’est l’homme condamné qui craint sa propre fin : « Silhouette du professeur de mathématiques de Clermont, à Néris. Le premier que j’aie vu atteint de mon mal, mais plus loin que moi sur le chemin ». Daudet retournera à Néris en 1884.

Entre 1885 et 1893, Daudet effectue plusieurs cures dans l’Hérault, au Nord de Béziers, à Lamalou, station dont Charcot se trouve être l’un des actionnaires. Connues depuis l’Antiquité, les eaux du lieu sont réputées pour traiter les troubles moteurs, les rhumatismes et les maladies du système nerveux dont le tabès. Il y avait trois sources : Lamalou-le-Haut, Lamalou-le-Centre et Lamalou-le-Bas. Daudet séjournait à l’hôtel Mas, en face du casino et du théâtre. De nombreux passages de La Doulou font référence à Lamalou, presque le lieu de la fin : « C’est noir… noir. Toute la vie a cette couleur maintenant ».

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