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La Chèvre de Monsieur Seguin

, par Gabrielle Melison-Hirchwald

Première publication

Le conte a été publié pour la première fois dans L’Événement du 14 septembre 1866.

Repris dans le recueil des Lettres de mon moulin (1869).

Résumé

Gringoire, ami de Daudet, ne veut pas devenir chroniqueur dans un journal mais rester poète. Le narrateur lui reproche son choix et lui raconte alors l’histoire suivante. Toutes les chèvres de M. Seguin sont éprises de liberté. Choyées par leur maître, elles s’ennuient rapidement, s’en vont dans la montagne et finissent dévorées par le loup.
Aussi M. Seguin prend-il une toute jeune pensionnaire afin qu’elle s’habitue à demeurer chez lui. Particulièrement bien traitée, elle désire pourtant elle aussi partir dans la montagne. Afin de prévenir toute tentative d’évasion, son maître l’enferme dans une étable, mais oublie la fenêtre que Blanquette utilise aussitôt pour s’échapper. Elle découvre alors la beauté de la montagne et la joie de l’indépendance. Le soir venu, la chèvre entend la trompe de M. Seguin, et ne tarde pas à apercevoir le loup. Blanquette décide finalement, au prix de sa vie, de rester dans la montagne. Avec courage, la petite chèvre luttera toute la nuit contre le loup et sera mangée à l’aube.

Extrait

Tout à coup, le vent fraîchit. La montagne devint violette ; c’était le soir... « Déjà ! » dit la petite chèvre ; et elle s’arrêta fort étonnée.

En bas, les champs étaient noyés de brume. Le clos de M. Seguin disparaissait dans le brouillard, et de la maisonnette on ne voyait plus que le toit avec un peu de fumée ; elle écouta les clochettes d’un troupeau qu’on ramenait, et se sentit l’âme toute triste... Un gerfaut qui rentrait la frôla de ses ailes en passant. Elle tressaillit... Puis ce fut un hurlement dans la montagne :

« Hou ! hou ! »

Elle pensa au loup ; de tout le jour la folle n’y avait pas pensé... Au même moment une trompe sonna bien loin dans la vallée. C’était ce bon M. Seguin qui tentait un dernier effort.

« Hou ! hou !... » faisait le loup.

« Reviens ! reviens !... » criait la trompe.

Blanquette eut envie de rentrer ; mais en se rappelant le pieu, la corde, la haie du clos, elle pensa qu’elle ne pourrait plus se faire à cette vie, et qu’il valait mieux rester.

La trompe ne sonnait plus...

La chèvre entendit derrière elle un bruit de feuilles. Elle se retourna, et vit dans l’ombre deux oreilles courtes, toutes droites, avec deux yeux qui reluisaient... C’était le loup.

Liens

Consulter l’œuvre intégrale (gallica.fr)

Écouter le conte (litteratureaudio.com) - Donneuse de voix : Romy Riaud

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